Chronique n°2 – Juin 2014

L’ancien moulin à vent de Baslieux-lès-Fismes

 

A 1 km 400 environ, à l’ouest de Baslieux-lès-Fismes, sur le chemin de Blanzy-lès-Fismes, s’élève un calvaire au pied d’un arbre. À cet emplacement, à 171 m d’altitude, il y avait autrefois un moulin à vent attesté sur le cadastre par le lieudit qui porte son nom.
Pour y accéder, il faut prendre le chemin de terre qui monte au-dessus du village parallèlement à la rue de Vigneux et suivre son tracé arrondi pour aboutir sur le plateau. Là, de loin, on aperçoit déjà l’arbre isolé, un tilleul apparemment, qui abrite une croix.
Le socle de ce calvaire se compose d’une pierre ronde de 2 mètres de diamètre, érodée et recouverte de mousse, c’est une meule ; dessus est posé un bloc de pierre carré de 1,10 m de côté et de 0,70 mètre de hauteur dont un pan lisse laisse supposer qu’il faisait partie des fondations du moulin lui-même. Sur cette pierre et en son centre est scellée une croix de fer forgé de 2 mètres de hauteur dont les bras, maintenus par des volutes, ont une envergure de 0,90 mètre. Un Christ auquel il manque l’avant-bras gauche et la main droite y est suspendu.

Le rapport du commissaire de police du canton de Fismes de l’époque, conservé aux Archives départementales, relate l’événement :
« Un très fort orage a éclaté entre cette commune (Baslieux-lès-Fismes) et celle de Fismes. Sur cette montagne, située au couchant, se trouve un moulin-à-vent, construit en bois. Huit personnes et un cheval ont été tués ! Il s’agit d’Augustine Vitrecq épouse Tangre, propriétaire, âgée de 58 ans, du journalier Antoine Degenne et de la bergère Marie-Louise Degenne, âgée de 17 ans. Ont été blessés Louise Tangre, 19 ans, dont la vie est en danger, Zoé Petit, 34 ans, et Auguste Mignolet, âgée de 24 ans, domestique. Degenne Père et Tangre fils ont été légèrement paralysés au niveau des jambes. Quant au moulin, il a reçu de fortes avaries. »
Des anciens Baillotins ont entendu leurs aïeux parler du drame épouvantable qui eut lieu le 28 septembre 1859 et que ce monument commémore. D’après eux, la foudre est tombée sur le moulin et le vent était si violent que les gerbes que l’on venait de réunir après avoir fait la moisson une faucille à la main, s’envolèrent avec les branches des arbres qui cassaient : des débris furent retrouvés le lendemain, beaucoup plus bas, le long de la Vesle. Le calvaire a été élevé à l’emplacement du moulin en souvenir de ce drame.

Madame Evelyne Legras-Détrez, décédée en 2008, était propriétaire des lieux par héritage après un remembrement. Après l’avoir fait borner elle en a fait don à la commune. Elle désirait que ce patrimoine, situé en plein champ, soit entretenu, conservé et versé au patrimoine de Baslieux-lès- Fismes.