Chronique 4 – l’eau à Baslieux-lès-Fismes – Partie 3

L’Eau à Baslieux-lès-Fismes – Partie 3

LA FONTAINE DES GREVES

La source dénommée « Fontaine des Grèves » fait face à celle qui jaillit des roches de la carrière de Marandin dont nous avons parlé précédemment. Pour y accéder, il faut prendre le chemin haut de Courlandon qui part à gauche du terrain de football. Le marcheur est bientôt arrêté par une haie d’épineux très dense comme je l’ai été il y a quelques années. À droite, la voie continue vers Courlandon ; à gauche, existait autrefois le vieux chemin de Romain disparu avec le remembrement. Au carrefour s’élève une grosse pierre qui devait servir de borne. Une sente, dite de la Fontaine des Grèves, grimpait tout droit sur le talus, elle est signalée dans les différents cadastres. Les anciens de Baslieux s’en souviennent. Au sortir de la haie qui n’est épaisse que de quelques mètres, la sente débouchait dans une pâture, en jachère à l’époque, puis elle traversait verticalement le champ en ligne droite pour atteindre le bois.

Aux siècles précédents, ce champ était fait de parcelles morcelées, mises en vergers et pâtures par les différents propriétaires. De hauts arbres dont des peupliers marquent l’emplacement de la source. Un abreuvoir rempli d’eau claire mais envahi par la végétation témoigne du temps passé. Il a été creusé là en bordure des champs pour permettre aux animaux, vaches, bœufs, chevaux… de se désaltérer. Il est toujours alimenté par la Fontaine au moyen d’un tuyau de caoutchouc noir enterré dans le sol jusqu’à la source elle-même qui jaillit de la terre dite des Grèves quelques mètres plus haut. On voit encore la clôture de fil de fer barbelé qui protégeait le captage. Un tourniquet permettait aux seuls hommes de passer. J’ai vu ce bois encore piétiné par les bêtes sauvages qui viennent boire à ce point d’eau.

Durant la Première Guerre Mondiale, des travaux d’adduction avaient été réalisés par l’Armée pour amener l’eau de cette source au terrain qui longe la route basse de Courlandon, actuellement rue de la Vigne du Maire, sur lequel des baraquements avaient été construits pour loger les troupes au repos ainsi qu’une ambulance dans laquelle on soignait les blessés évacués du Chemin des Dames et des alentours. Un tuyau, partant de la source des Grèves, conduisait l’eau à un réservoir en béton intermédiaire construit dans la haie d’épineux dont nous avons parlé. De là descendait un autre tuyau qui empruntait la pente naturelle du terrain, et débouchait sur le site.